Henry Lombard Bienvenue sur mon blog

La Passion en Marche

mercredi 28 octobre 2009

Immigration : besson ouvre le débat...

A la Une de Charlie Hebdo, une excellente image qui parle d'elle-même...
Image2


Posté par henry lombard à 18:14 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 26 octobre 2009

Un an après le début de la crise...

Un an après le début de la crise, le comité Nobel fait un choix iconoclaste
En effet, le prix Nobel d'économie a été attribué, lundi 12 octobre, aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom.
Ce choix est iconoclaste à plus d’un titre, et nous nous en réjouissons !
D’abord, et pour la première fois dans l’histoire du prix Nobel d’Economie (créé en 1968), le jury a récompensé une femme, Elinor Ostrom,  76 ans, professeur à l'université de Bloomington (Indiana)
Ensuite, les deux lauréats, Elinor Ostrom, et Oliver Williamson sont récompensés pour leurs travaux pluridisciplinaires qui remettent en question le dogme du tout-marché et se penchent sur les mécanismes des décisions économiques hors des marchés.
Mais oui, vous avez bien lu (et je vous promets que le Mouvement Utopia n’est pour rien dans le choix de leurs sujets d’études !!!).

Il faut dire que les recherches de ces deux économistes sont particulièrement dans l'air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l'économie mondiale, mais aussi sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel d'étude d'Elinor Ostrom.
Bien qu'elle se considère comme une chercheuse en économie politique, la formation et la carrière d’Elinor Ostrom ont été menées dans le cadre des sciences politiques. Au cœur de ses thèses, l'idée que les marchés, ou l'Etat régulateur, ne constituent pas l'unique alternative à l'activité économique. Selon elle, les associations de consommateurs et d'usagers sont souvent mieux armées pour gérer les biens communs.
En privilégiant l'étude des relations contractuelles plutôt que les « lois du marché » et en montrant un « goût prononcé » pour la remise en question des dogmes économiques, Ostrom et Williamson dégagent aussi des perspectives à l'opposé des thèses qui ont dominé la pensée économique occidentale depuis trois décennies. En ce sens, leur nomination pourrait accréditer l'idée d'un « tournant » politique du comité Nobel. N’a-t-on pas entendu l'un des membres du jury, Per Krusell, déclarer : « Il y a eu un immense débat sur la manière dont les grandes banques, les banques d'affaires, ont mal agi, avec des patrons qui ont abusé de leur pouvoir et abusé la confiance de leurs actionnaires ; tout cela va dans le sens des théories de Williamson (Si même le jury Nobel s’y met !!!)
Souvenons-nous que dès 1998, l'Académie avait couronné l'Indien Amartya Sen, un économiste éminemment critique du fonctionnement des marchés. Et depuis, les « critiques » sont revenus en force parmi les récipiendaires, du Canadien Robert Mundell en 2000 et des Américains George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz en 2001, jusqu'au précédent lauréat, l'Américain Paul Krugman.
Si même les grands économistes se mettent à critiquer le modèle économique libéral, les sacro-saintes lois du marché, et l’aliénation au dogme de la croissance, où va-t-on ?

Mais vers l’Utopie d’une société plus juste et plus fraternelle mon cher !

Posté par henry lombard à 13:42 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 21 octobre 2009

LE RETOUR D’EDVIGE

Alors que la Commission des Lois de l’Assemblée Nationale avait adopté – à l’unanimité s’il vous plait ! – un texte pour que les fichiers de police ne puissent « être créés que par la loi », hortefeux, ministre de la République, se moque ouvertement du  travail des députés en adoptant sans concertation un fichier de police rebaptisé « base de données » !
Comble de cynisme de ce triste sire, il fait cette annonce le jour de la Sainte Edwige, à la date anniversaire de la grande mobilisation de l’an dernier contre le fichier Edvige, comme pour bien montrer aux citoyens, comme aux députés élus de la République, qu’il se moque de leur avis comme des institutions de la République.
Ce nouveau fichier – ou base de données (sic!) – pourra ficher (tout comme prévu dans Edvige) les mineurs de 13 ans avec les personnes « susceptibles de troubler l’ordre public » (c'est-à-dire tout le monde et n’importe qui sur un critère aussi imprécis que vaseux). Les « activités politiques » des personnalités seront aussi mises en fiche.
Quant aux tristes « critères ethniques » qui avaient tant fait couler d’encre et de salive, ils sont remplacés par une mystérieuse « origine géographique », sans doute pour mieux distinguer les Auvergnats des Méditerranéens, récente confusion équivoque d’hortefeux.
Insidieusement, sournoisement, la France bafoue sa devise : Liberté Egalité, Fraternité.
De plus en plus surveillés, contrôlés, fliqués, la Liberté pâlit dans la devise Républicaine.
Egalité dit la devise ? Laquelle ? Egalité de quoi ? Des chances, dans une société de plus en plus népotique (Le fils Sarkozy, le fils Fillon, mais aussi plus près de nous la famille Joissains) ? Des droits ? A ce propos (et en rapport aussi avec la Fraternité), je vous conseille la lecture de l’article ci-joint paru dans le journal Le Monde du 24 septembre dernier : « Moi, Mustapha Kessous, journaliste au "Monde" et victime du racisme »

le_monde_logofleche24_1_Article_du_24_septembre_2009 

Quant à la Fraternité, dans ce monde individualiste et de compétition où la réussite passe par l’écrasement de l’autre, il y a bien longtemps que ce n’est plus qu’un mot gravé au fronton de nos édifices, mais malheureusement vide de sens pour la plupart, et en tous cas pour nos gouvernants, n’est-ce pas monsieur besson !
J’appelle chacun de vous, citoyens Français, mes Sœurs et mes Frères, à vous révolter, à écrire, à crier votre indignation, à manifester, à désobéir. Quand la loi est inique, la désobéissance devient un devoir (souvenons-nous des lois de Vichy !).

Debout ! Les damnés de la terre ! Debout ! Les forçats de la faim !

On peut aussi ne rien faire, car comme l’écrivait Rose Luxembourg :

« Ceux  qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes » 

Nota Bene : Dans ce texte, les noms de besson et hortefeux sont écrits sans majuscules, car je réserve les majuscules aux noms propres.


Posté par henry lombard à 13:45 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 24 février 2009

OBAMA PERCE LE SECRET BANCAIRE SUISSE !

Sarkozy l’avait dit : "Il faut lever le secret bancaire et s'attaquer aux paradis fiscaux"....
Il l'a dit mais ne l'a pas fait.
Obama n'a rien dit.... Il l'a fait.

La première cible du nouveau président américain n’a pas été Ben Laden, mais la Suisse et son fameux secret bancaire. Sur les bords des lacs Léman, de Zurich et de Lugano, c’est la panique.
Quand les Européens négocient avec les paradis fiscaux, cela se fait poliment autour d’une table, et cela prend des décennies. Les Américains utilisent des méthodes un peu plus musclées. « Vous êtes complices de vos clients fraudeurs et nous allons vous inculper », ont-ils dit aux dirigeants de l’UBS, la principale banque suisse.
Et en prime, « nous pouvons vous supprimer votre licence bancaire sur le sol américain ». Pour étouffer l’incendie, l’UBS a fourni la semaine dernière au Département de Justice américain les noms de 250 de ses clients susceptibles d’avoir fraudé le fisc. En prime, la banque helvétique accepte de payer une amende de 780 millions de dollars au fisc américain.
En clair, le numéro un mondial de la gestion de fortune a balancé les noms de certains de ses clients, avec la bénédiction du gouvernement suisse et de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA).
Récupérer 100 milliards de dollars
Depuis 1934, le fameux secret bancaire a fait la fortune de ce petit pays enclavé et montagneux. Un tiers de la fortune « offshore » du monde est planqué dans des coffres de banques à Genève, Zurich et Lugano. Une activité fort lucrative qui a permis le développement des assurances, de l’hôtellerie de luxe, du commerce des œuvres d’art, de la bijouterie. Seulement voilà, la justice américaine n’allait pas se contenter de 250 malheureux comptes. Elle vient d’exiger que l’UBS lui livre les noms de 52 000 autres clients américains titulaires de « comptes secrets illégaux ».
Sale temps pour les riches délinquants en cols blancs !
Alors Sarko ! Tu fais pareil ? Chiche !!!

Posté par henry lombard à 23:23 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 3 novembre 2008

3 et 4 novembre, Conférence Internationale sur l'Intégration : hortefeux à Vichy !

Ce sommet à Vichy, ville symbole du gouvernement pétainiste, hortefeux et les 26 autres ministres européens, accompagnés de 200 personnes (députés, sénateurs, représentants du comité économique et social européen, représentants des régions...)... Des "bien-pensants" de droite et…de gauche !...

Depuis Sarkozy, toute allusion, tout rapprochement entre son gouvernement et celui du Maréchal Pétain est répréhensible. Ceux qui osent rapprocher les deux époques sont susceptibles d'être poursuivis par la  Police, condamnés par la Justice...
Sarkozy, pendant sa campagne prônait que « le travail rend libre ». C'est cette phrase qui était au fronton du camp nazi d'Auschwitz. Et, le principe de la « rétention de sûreté » cher à Rachida Dati, était promulgué  par  hitler !
La politique des états européens rappelle bien celle où le racisme était clairement revendiqué. Comment alors ne pas faire le lien entre la politique de Vichy et celle du gouvernement actuel, du moins concernant le traitement des immigrants?
Le symbole que représente cette ville par rapport à la politique de collaboration avec le régime nazi, cette dénomination du « Ministère de l'immigration et de l'Identité Nationale » aurait sûrement satisfait le gouvernement Pétain !

  • C'est dans cette ville que fut décidée et mise en œuvre la politique de collaboration avec le régime nazi. Elle s'est traduite, entre autres, par l'internement en France, puis la déportation dans les camps de concentration de milliers de personnes sous prétexte qu'elles étaient juives, espagnoles ou italiennes antifascistes, homosexuelles, tziganes, handicapées, communistes, anarchistes, résistantes...
  • C'est de cette ville que Papon recevait les ordres pour organiser les déportations de personnes à Bordeaux.
  • C'est de cette ville que fut dirigée la Milice française.

Le ministre italien organise le fichage des Roms. Le ministre français organise les rafles d'étrangers. On sait toujours où commence un outil de répression, on ne sait jamais où ni, quand il se termine.
Le camp de Rivesaltes, fermé depuis 2007. Cet ancien camp militaire a été transformé en camp ''d'accueil'' pour les réfugiés espagnols, le gouvernement de Vichy y enferma des Juifs en attendant leur déportation.. Pendant la guerre d'Algérie, des Algériens y furent également internés. De 1962 à 1977 des Harkis y furent ''accueillis'' etc….
De 1986 à 2007, ce camp a été transformé en Camp de Rétention Administrative (CRA). Pendant ces années, de nombreux sans papiers y ont été retenus en attendant leur expulsion.
Fin 2007 alors que les camps de "rétention" se multiplient, le centre a été déménagé car un Musée-Mémorial de "repentance" est en cours de construction.
Le Réseau d'Education Sans Frontière, est accusé, (comme d'autres) par le gouvernement, d'être dangereux pour l'ordre public !
RESF se mobilise pour que des enfants et jeunes majeurs puissent poursuivre leur scolarité sans qu'ils vivent dans la crainte de l'expulsion de leurs parents et donc d'eux mêmes.
Les sans papiers ne sont pas des quotas ! 
Ce sont des hommes, des femmes, des enfants qui essaient de vivre comme n'importe quelle personne.


Posté par henry lombard à 21:57 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 18 juin 2008

« La directive de la honte »

Lettre du Président Evo Morales à l’Union Européenne

"Jusqu’à la fin de la Seconde guerre mondiale, l’Europe était un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’Europe partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.

Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite “directive retour”. Ce texte, validé le 5 juin passé par les ministres de l’Intérieur des 27 pays de l’Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu’il durcit de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelque ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.

Les Européens sont arrivés dans les pays d’Amérique latine et d’Amérique du Nord, en masse, sans visa ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l’Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIème et le XIXème siècle. Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés.

Aujourd’hui, l’Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants viennent dans l’Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’UE.

Pour nous, nos émigrants représentent l’aide au développement que les Européens ne nous donnent pas – vu que peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0,7 % du PIB d’aide au développement. L’Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 % de son PIB en transferts de fond des migrants (1,1 milliards de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.

Il apparait que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du Tiers-Monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d’œuvre qualifiée en laquelle, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.

Il est regrettable que le projet de “directive retour” complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains. La directive retour prévoit la possibilité d’un enfermement des migrants sans papier jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou “éloignement” selon le terme de la directive. 18 mois ! Sans procès ni justice ! Tel qu’il est le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Et en particulier l’article 13 qui énonce :

“1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.

2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.”

Et, pire que tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides. Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papier, dont l’immense majorité travaille et s’intègre depuis des années ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la “liberté de circuler”, la protection contre les emprisonnements arbitraires ?

Parallèlement, l’Union européenne tente de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un “Accord d’association” qui inclue en son troisième pilier un traité de libre-échange, de même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la “protection juridique”, on nous reproche notre processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs. Je demande, dans ce cas : où est la “sécurité juridique” pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ?

Promouvoir d’un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu’en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement… Ceci est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.

Dans ces conditions, si cette “directive retour” devait être approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union européenne et nous nous réservons le droit d’imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visas qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l’avions pas exercé jusqu’à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l’UE.

Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles, connaissent d’importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité alors qu’augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient sans papier ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, sinon le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.

Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l’Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d’Europe, pour que ne soit pas approuvée le texte de la “directive retour”. Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte. J’appelle aussi l’Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l’Homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l’énorme dette historique, économique et écologique que les pays d’Europe ont envers une grande partie du Tiers-Monde, et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l’Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd’hui dans vos “politiques d’intégration” comme vous avez échoué avec votre supposée “mission civilisatrice” du temps des colonies.

Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les “clandestins”."


Evo Morales Ayma

Président de la République de Bolivie (traduction - Juin 2008)

Posté par henry lombard à 16:34 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 13 juin 2008

Durée du travail en France : un mensonge d'Etat

"La France ne travaille pas assez ! Il n'y a qu'un moyen de relancer la croissance et d'augmenter le pouvoir d'achat : travailler plus ! Par rapport à nos voisins, nous sommes le pays qui travaille le moins, il faut que ça change !" Voilà le message dont nous rebat les oreilles avec un bel ensemble la majorité présidentielle, à commencer par Sarkozy lui-même. Or c'est grossièrement faux.

Merci à Léon Mercadet, journaliste à "La matinale" de Canal +, d'avoir rétabli les faits dans sa chronique de mardi dernier 10 juin, titrée : "La France bosse fort" !


La france qui bosse!

Pour remettre les choses à leur place, il suffit de consulter les chiffres 2006 d'Eurostat, le très officiel Office statistique des Communautés européennes, que la chaîne à péage présente on ne peut plus clairement, reprenant un tableau paru dans l'excellente revue "Alternatives économiques" :

duree_travail_france_mensonge_detat_L_1


Dans l'ordre croissant en nombre d'heures travaillées par semaine, on trouve d'abord les Pays-Bas puis la Norvège, le Danemark, l'Allemagne, l'Irlande, la Suède, la Belgique, le Royaume-Uni et la Finlande. Vient ensuite la moyenne européenne, à 37,9 heures. Le premier pays à travailler plus que la dite moyenne, de justesse (38h tout rond) est la France. Viennent derrière l'Italie, la Lituanie, le Portugal, l'Espagne, l'Estonie, la Croatie, la Slovénie... Les plus gros travailleurs sont enfin les Bulgares, Lettons, Tchèques et Grecs (42,7 heures). Le tableau ci-dessus concerne la durée hebdomadaire mais on observe la même chose en se basant sur la durée annuelle, qui prend en compte vacances et jours fériés : elle est en France de 1545 heures, contre 1445 en Allemagne, 1499 au Danemark, les Pays-Bas étant le pays où l'on travaille le moins avec 1340 heures. "Il y a un truc très très frappant, observe Léon Mercadet, c'est que les pays où l'on travaille le moins sont les plus avancés, les plus performants économiquement et socialement." "Ca alors !", s'exclame le présentateur de l'émission, Bruce Toussaint. "A l'inverse, poursuit son chroniqueur, si on va en bas de classement, on s'aperçoit que les cancres sont (...) ceux dont le PIB par habitant est le plus faible. Tout se passe comme si plus on est un pays moderne, plus on est un pays économiquement performant, moins on travaille ! Allez savoir pourquoi, mais moins l'on travaille et plus le PIB par habitant est élevé, c'est comme ça que ça se passe en Europe. Alors quand les ministres et les porte-paroles du gouvernement nous répètent que nous ne travaillons pas assez, je me pose la question : est-ce ignorance ou est-ce mensonge délibéré ? En tout cas, c'est de l'idéologie, ce n'est pas des faits. J'ai quand même l'impression qu'on nous répète ça dans l'espoir qu'un mensonge cent fois répété devienne une vérité. Alors dans quel but cette distorsion des faits ? (...) Il y a une réponse évidente: c'est pour supprimer les 35h. Pourquoi supprimer les 35h ? Parce que c'est la durée légale. Çà veut dire quoi ? C'est le seuil de déclenchement des heures supplémentaires. Donc les Français travaillent déjà plus de 35h - on est à 38 - mais si on fait sauter les 35h, on n'a plus besoin de payer entre 35 et 38 au tarif des heures supplémentaires."
Un grand moment de vérité à la télévision, qui laissait éclater en plein jour toute l'imposture de nos gouvernants. Mais rassurez-vous, rien ne changera et cette droite menteuse continuera inlassablement à ressasser l'ineptie que les Français ne travailleraient pas assez.

Quelqu'un dans l'opposition pour lui balancer les chiffres à la face, comme Léon Mercadet ce matin-là sur Canal + ?



 

Posté par henry lombard à 13:13 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 5 juin 2008

Immigration : une politique de la honte


Madame jeanne MOREAU à Hortefeux
 

Bravo et Merci à Madame Jeanne Moreau pour cette prise de position.
Madame Jeanne Moreau se trouvait le 7 avril dernier à la "Cartoucherie de Vincennes" suite à l'appel de RESF où elle a lu et signé "Le Manifeste des innombrables", ainsi que ces 2 lettres.

Manifeste_des_innombrables pdf


Une grande dame de talent et d'humanisme.

En février dernier, dans le "Figaro", elle déclarait à l'occasion de ses 80 printemps et de ses 60 ans de carrière : "...Il ne faut pas pas mélanger les deux : dire que les politiciens font du cinéma, c'est dire du mal du cinéma !"

Si vraiment la France est le pays des droits de l'homme, qu'elle le montre en acte !

Posté par henry lombard à 10:08 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 16 mai 2008

RESISTANCE

"Entrons en Résistance !
Nous ne pourrons pas dire :
je ne savais pas."

R_sistance

Posté par henry lombard à 08:26 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 5 mai 2008

TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS...

« Travailler plus pour gagner plus » : une vision irréaliste et inadaptée

Le travail est évidemment un lien social important auquel chaque citoyen doit avoir accès. En ce sens, une perspective de plein emploi doit rester essentielle.
A partir d’un capitalisme qui le considère comme un simple facteur de production, le travail est devenu le support et l’alibi de la croissance. Les directions d’entreprises arbitrent entre différents coûts : matières premières, loyers, frais de personnel… La ressource humaine est analysée et valorisée selon le prix du marché et « le travail » est considéré comme « un bien » qui,  au mieux et au nom de la justice,  doit être distribué équitablement. 
Et pourtant non ! Le travail n’est pas « un bien » : c’est une activité nécessaire de production de richesse, au service de logiques économiques. A mesure que le poids de sa nécessité diminue,  l’équité exige à la fois qu’il diminue dans la vie de chacun et qu’il soit équitablement réparti sur tous.  Alors, pourquoi travailler plus ? Et surtout, l’individu est-il libre de travailler plus ? En a-t-il le choix ?
Quand l’intelligence et l’imagination  deviennent la principale force productive,  le temps cesse d’être la mesure du travail ;  de plus,  il cesse d’être mesurable.  La valeur d’usage produite peut n’avoir aucun rapport avec le temps consommé pour produire.  Elle peut varier très fortement selon les personnes et le caractère matériel ou immatériel de leur travail.  Enfin, le travail-emploi continu et payé au temps, est en régression rapide.  Il devient de plus en plus difficile de définir une quantité de travail incompressible à accomplir par chacun au cours d’une période déterminée. 
Un volume croissant de richesses est produit avec un volume décroissant de capital et de travail ;  la production distribue par conséquent à un nombre décroissant d’actifs un volume décroissant de rémunérations et de salaires ;  le pouvoir d’achat d’une proportion croissante de la population diminue ; chômage, pauvreté, misère absolue se répandent.  La productivité rapidement croissante du travail et du capital entraîne un excédent de force de travail et de capital. 
L’économiste Wassily Léontieff résumait la situation par cette métaphore : « Quand la création de richesses ne dépendra plus du travail des hommes,  ceux-ci mourront de faim aux portes du Paradis à moins de répondre par une nouvelle politique du revenu à la nouvelle situation technique ».
Avant lui Marx, en 1857, écrivait déjà (dans les Grundrisse) :
« La distribution des moyens de paiement devra correspondre au volume de richesses socialement produites et non au volume du travail fourni. »
Tel est de fait le sens de l’évolution présente.  Elle rend caduque la « loi de la valeur ». 
Il est évident que, dans la relation de travail, il y a une asymétrie totale entre celui qui postule pour un emploi afin de subvenir à ses besoins et celui qui décide et choisit.  Pour prendre en compte et compenser très partiellement  l’inégalité du lien de subordination, le législateur a instauré, sous la pression ouvrière, un droit du travail sans cesse remis en cause. On comprend dès lors l’acharnement des libéraux à faire disparaître cette protection fondamentale…
En faisant du travail une « valeur », la droite est cohérente avec ses idéaux et avec  le système qu’elle défend qui est fondé sur l’efficacité économique, la recherche du profit, et l’idée maîtresse que la richesse de quelques-uns uns crée le travail des autres.
La droite a fait du « mérite » et du « travail » le fondement de sa réflexion politique. Et curieusement, on sent la gauche un peu gênée sur cette question. Chacun fait d’ailleurs comme si le mérite et le travail étaient des notions établies dont l’acception et l’utilisation allaient de soi.
Qu’entendons-nous par mérite ? S’agit-il des efforts nécessaires que chaque citoyen fait sur lui-même pour apprendre, pour contribuer à la vie collective afin d’agir de façon éclairée dans la cité ? Non, bien évidemment.
Quand la droite évoque le mérite, elle le lie naturellement  à ce que l’on appelle « la réussite ». Le mérite devient donc l’argument libéral et conservateur par excellence qui se décline en général sur le thème : « en fonction de sa volonté et de son travail, « on » réussit plus ou moins bien sur une échelle de valeur donnée ».
Là encore, de quelle échelle parle-t-on ? De cette échelle qui hiérarchise les individus et les valorise en fonction de leur efficacité économique, elle même déterminée par les lois du marché ? Dans ce monde – notre monde – le savoir-faire ou le savoir-être d’une assistante sociale ou d’un ouvrier « vaut » 5 fois moins que celui d’un cadre supérieur.
Et la gauche dans tout ça ? On lui parle « mérite », elle répond « lutte contre le phénomène de reproduction sociale ». En se centrant sur la « remise en marche de l’ascenseur social », elle ne remet plus en cause la hiérarchie sociale ni les valeurs et les logiques qui ont conduit à les construire. Elle finit donc implicitement par légitimer un système et ses inégalités inhérentes en proposant des mesures, simplement correctrices, qui ne changeront pas fondamentalement l’ordre des choses puisque l’injustice est justement l’un des ressorts essentiels du système.
La question n’est donc pas de savoir  comment corriger le système en donnant à chacun la possibilité d’être « méritant », mais de savoir comment repenser l’échelle de valeur des rapports humains.
Aujourd’hui le travail est-il à sa « juste place » parmi les activités humaines ? La réponse est clairement non. Il nous faut défendre le caractère diversifié des activités humaines indispensables à notre équilibre, qu’elles soient familiales, culturelles, associatives, politiques, amoureuses…Le travail doit retrouver sa « juste place ».
Posons donc la question suivante sans ambiguïté : et si, en défendant un autre idéal, une autre notion de la richesse, une autre vision du monde, la glorification aveugle du mérite et du travail n’avait plus de sens ? Alors il faudrait accepter de changer de système et de promouvoir un système humaniste où la logique dominante n’est plus marchande, où l’essentiel n’est pas « économiquement mesurable ». Une société où la richesse se définit différemment.
Parce que le travail et les hiérarchies sociales ne doivent pas être le fruit de décisions économiques, nous devons prolonger et approfondir de manière significative la réduction du temps de travail. Nous devons accorder un vrai statut aux activités non productives (associatives, politiques, humanitaires…).
Bref, nous devons refuser de reconnaître comme idéal de société ce que certains appellent la « société du travail » en l’opposant à l’« assistanat », ce qui finit de laisser penser que si l’on n’a pas eu la chance de trouver, d’accéder à un emploi, alors il n’est pas question d’assurance maladie, de revenu de subsistance, de retraite… Comme si seul le travail participait au bien être collectif, comme si chacun avait le choix et l’égal accès à ce fameux « travail », comme si ceux qui en étaient dépourvus avaient sciemment choisi cette situation pour « profiter » du système.
Relativiser l’obligation de croissance, tempérer l’appétit de consommation, soustraire le travail rémunéré aux injonctions du profit, réduire l’espace qui lui est réservé, s’ouvrir à la gratuité, tous ces éléments devraient permettre une société plus apaisée. Ils devraient permettre une société plus ouverte, respectueuse de la pluralité des activités humaines par lesquelles les êtres humains trouvent la réalisation d’eux-mêmes au travers d’un lien social enrichi. Remettre le travail à sa vraie place, resituer ses objectifs, inventer pour lui un cadre humain, c’est donner accès à l’homme à un espace de créativité, à une temporalité plus heureuse.
Cela passe évidemment par une redistribution équitable de la richesse produite et en tout premier lieu par une redéfinition de la mesure de cette richesse.
Rien ne se prête actuellement à un large débat public sur le sens du progrès, et sur celui des politiques économiques. Pourtant de nombreux travaux existent pour se doter des instruments nous permettant de réintégrer dans les décisions publiques et privées des éléments ou des activités qui comptent actuellement pour rien dans le PIB….
Ce n’est pas uniquement une question de temps ou de quantité de travail, mais c’est toute notre notion de richesse sociale qu’il nous faut avoir le courage de reconsidérer.

Posté par henry lombard à 15:02 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »