samedi 14 novembre 2009
Fiscalisation des Indemnités des accidentés du Travail
Fiscalisation des Indemnités des accidentés du Travail :
82 députés votent, 495 s’en foutent !

Hier, vendredi 13 novembre 2009, L'Assemblée nationale a voté par 57 voix contre 25 la fiscalisation des indemnités journalières versées par la Sécurité sociale pour les accidents du travail dans le cadre du projet de budget pour 2010.
En effet, contrairement aux indemnités liées aux autres types d'arrêts de travail, celles versées par l'Assurance-maladie au titre d'accidents du travail ne sont actuellement pas soumises à l'impôt sur le revenu (mais sont toutefois soumises à la CRDS et la CSG). Les accidentés du travail perçoivent 60 % de leur salaire journalier durant les 28 premiers jours, puis 80 %.
La réforme prévoit la taxation de la part des indemnités équivalente à celle des arrêts maladie, c'est-à-dire jusqu'à 50 %. Le reste est exonéré. Les rentes versées au titre d'une invalidité ou d'une incapacité permanente de travail, elles, ne sont pas concernées.
En cas d'adoption définitive par le Parlement, la mesure s'appliquera à partir de 2011 sur les indemnités perçues en 2010, et pourrait concerner plus d'un million de Français.
Cette mesure, dont le gain est estimé à 150 millions d'euros, est vivement critiquée par plusieurs associations, comme la Fédération nationale des accidentés de la vie, par les syndicats, l'opposition et par plusieurs élus de la majorité.
UN ABSENTÉISME CHOQUANT !
Mais Il y a dans ce vote quelque chose d’aussi choquant, à mes yeux, que la mesure votée, et que personne n’a relevé : C’est le vote lui-même !!!
La mesure a été votée par 57 voix pour et 25 voix contre, soit 82 votants ! Où étaient donc ce jour là les 495 députés manquants ? Car l’Assemblée est bien constituée de 577 députés.
Le moins que le peuple puisse exiger de ses élus, c’est qu’ils remplissent les devoirs de la fonction pour laquelle il leur a été donné mandat. Et le premier de ses devoirs est d’être assidu aux séances de l’Assemblée Nationale, d’autant que ces élus perçoivent de copieuses indemnités de mandat.
Depuis le 1er juillet 2009, les indemnités mensuelles brutes des députés sont les suivantes :
- Indemnité de base : 5 487,25 €
- Indemnité de résidence (3%) : 164,62 €
- Indemnité de fonction (25% du total) 1 412,97 €
Soit un Brut mensuel de : 7 064,84 €
Bien sûr, diverses retenues doivent être déduites du brut mensuel :
- Cotisation double à la caisse des pensions : 1 171,64 €
- Contribution exceptionnelle de solidarité : 56,92 €
- CSG / CRDS 548,23 €
- Cotisation au fond de garantie de ressources : 27,43 €
- Ce qui fait tout de même un Net mensuel de : 5 260,61 €
Auquel il faut ajouter :
Les frais de secrétariat et de mandat :
Indemnité représentative de frais de mandat : 5 867,39 €.
Crédit affecté à la rémunération de collaborateurs : le montant mensuel du crédit est de 9 066 €.
Les facilités de circulation
Déplacements sur l'ensemble du territoire national par voie ferroviaire : accès gratuit à l'ensemble du réseau SNCF.
Déplacements à Paris et dans la région parisienne :
Déplacements aériens : 40 aller et retour entre Paris et la circonscription et 6 voyages aller et retour en France métropolitaine, hors circonscription ; et pour les députés d'outre-mer, un crédit annuel égal au coût de 26 passages en classe affaires entre Paris et la circonscription et 4 voyages aller et retour en France métropolitaine.
Les dépenses de téléphone et de courrier
- Téléphone et télécopieur : Les communications passées à partir du Palais Bourbon, sont prises en charge par l'Assemblée nationale ainsi que les messages transmis par télécopies
- Courrier : Les correspondances de nature parlementaire, c'est-à-dire écrites par un député pour l'accomplissement de son mandat législatif, sont affranchies aux frais de l'Assemblée nationale.
HONTE A CEUX QUI ACCEPTENT DES DEVOIRS ET QUI ENSUITE LES NEGLIGENT !
C’est pourquoi, compte-tenu de ce que les paye le contribuable (qui est en quelque sorte leur employeur), il faut quand même rappeler à ses Messieurs et Dames que le rôle de l’Assemblée Nationale est d’assurer le pouvoir législatif, et donc d’établir discuter et voter les lois.
Leur in assiduité constitue une faute grave envers le peuple et la démocratie.
Un salarié qui s’absente sans motif de son poste de travail est généralement l’objet d’un avertissement, puis d’une mise à pied en cas de récidive, et enfin d’un licenciement pour faute grave.
Je propose que ces mêmes sanctions soient appliquées aux députés. J’adresse cette demande à Madame Maryse Joissains-Masini, député de ma circonscription, et à Monsieur Bernard Accoyer, Président de l’Assemblée Nationale, afin qu’il mettent cette proposition à l’ordre du jour des travaux de la commission chargé de la Réforme des Institutions et des statuts de l’élu.
Je vous tiendrai informé de la suite donnée. Mais compte-tenu :
- de l’assiduité très aléatoire de Madame Joissains-Masini,
- du fait que les députés ne sont quand même pas stupide au point de voter une directive qui leur apparaîtrait comme « se tirer une balle dans le pied »,
Je suis prêt à parier (très) gros que ma demande restera sans réponse.
En revanche, au moment des Elections Législatives, on peut toujours vérifier l’assiduité des députés sortants et les sanctionner nous-mêmes.
Qu’en pensez-vous ?
Pour plus de détails,
Absenteisme_des_deputes
mercredi 11 novembre 2009
VIGILANCE : RESTONS AUX AGUETS....
VIGILANCE : RESTONS AUX AGUETS. EXIGEONS DE SAVOIR![]()
Au moment où le gouvernement lance « le grand débat sur l’identité nationale », il convient de se remémorer les propos de Charles De Gaulle dont beaucoup s’enorgueillissent d’être les porteurs de sa pensée.
Du coup hortefeux va passer pour un humaniste !!!
Citations du Général De Gaulle le 5 mars 1959 rapportées par Alain Peyrefitte :
« C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns.
Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité.
Sinon, la France ne serait plus la France.
Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.
Qu'on ne se raconte pas d'histoire !
Les musulmans, vous êtes allés les voir ?
Vous les avez regardés avec leurs turbans et leurs djellabas ?
Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français.
Ceux qui prônent l'intégration ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants.
Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la bouteille.
Au bout d'un moment, ils se sépareront de nouveau.
Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ?
Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ?
Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »
CHARLES DE GAULLE
Définir des critères d’identité nationale, cela revient obligatoirement à exclure.
J’appelle à boycotter ce débat imbécile, qui a des relents du plus vil nationalisme et rappelle le Travail Famille Patrie de triste mémoire.
Les seuls critères humains doivent être ceux de la Déclaration des Droits de l’Homme. Tout y est dit, et cela suffit à identifier un humain.
lundi 8 juin 2009
Aix-en-Provence Elections Annulées
Le Conseil d'État annule les opérations électorales de la commune d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) qui se sont déroulées les 9 et 16 mars 2008. En conséquence, de nouvelles élections devront se tenir dans un délai de trois mois.
Section du contentieux, 8 juin 2009, n° 321974
Texte intégral
Section du contentieux sur le rapport de la 3ème sous-section Séance du 22 mai 2009
Lecture du 8 juin 2009
N°321974
Elections municipales d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
Vu la requête sommaire et le mémoire complémentaire, enregistrés les 28 octobre et 2 décembre 2008 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, présentés pour M. Stéphane S. ; M. S. demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler le jugement du 25 septembre 2008 par lequel le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa protestation tendant à l'annulation des opérations électorales qui se sont déroulées les 9 et 16 mars 2008 en vue de la désignation des conseillers municipaux de la commune d’Aix-en-Provence ;
2°) de faire droit à sa protestation ;
3°) de mettre à la charge de Mme J. et de ses colistiers la somme de 4.000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code électoral ;
Vu le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. Xavier Domino, Auditeur,
- les observations de la SCP Gaschignard, avocat de M. S. et de la SCP Delaporte, Briard, Trichet, avocat de Mme J. et autres,
- les conclusions de M. Emmanuel Glaser, Rapporteur public ;
La parole ayant été à nouveau donnée à la SCP Gaschignard, avocat de M. S. et à la SCP Delaporte, Briard, Trichet, avocat de Mme J. et autres ;
Considérant qu'au second tour des élections municipales qui se sont déroulées à Aix-en-Provence le 16 mars 2008, la liste « Ensemble pour Aix et le pays d’Aix » a obtenu 24.692 voix, la liste « Aix pour tous », 23.945 voix, et la liste « Génération Aix » 7.123 voix ; que, par le jugement du 25 septembre 2008, dont M. S., candidat sur la liste « Génération Aix » interjette appel, le tribunal administratif de Marseille a rejeté différentes protestations tendant à l’annulation des opérations électorales des 9 et 16 mars 2008 en vue du renouvellement du conseil municipal d’Aix-en-Provence ;
Sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête ;
Considérant qu'il résulte de l'instruction qu'au cours de la campagne électorale précédant le renouvellement du conseil municipal, les attaques dirigées contre M. P., qui conduisait la liste « Génération Aix », et contre certains de ses colistiers, ont revêtu un caractère exceptionnellement violent ; qu’en particulier un tract anonyme, qui contenait des imputations injurieuses et diffamatoires mettant en cause la vie privée ou la probité des membres de cette liste et qui a été évoqué par la presse et sur internet, a excédé largement les limites de ce qui peut être toléré dans le cadre de la polémique électorale et excluait une défense utile de la part des intéressés ; qu’en outre, dans un article publié dans l’édition spéciale d’un hebdomadaire de diffusion nationale du 28 février 2008, consacré à la campagne aixoise, Mme J. a tenu des propos, non démentis, mettant clairement en cause la vie privée de M. P. et de certains membres de sa liste ; que, dans ces conditions, bien que Mme J. ait démenti être à l’origine du tract litigieux et qu’elle n’ait pas systématiquement cité les noms des candidats qu’elle a mis en cause dans la presse, les propos et les insinuations d’une nature et d’une gravité inadmissibles qui ont visé M. P. et ses colistiers au cours de la campagne ont constitué une manœuvre qui, compte tenu de l'absence d'éléments permettant au Conseil d'Etat d'en mesurer les conséquences sur la répartition des suffrages recueillis par chacune des trois listes en présence et de l'écart réduit des voix séparant la liste « Ensemble pour Aix et le pays d’Aix » et la liste « Aix pour tous », doit être regardée, eu égard au retentissement d’ensemble qu’ils ont eu, comme ayant été de nature à fausser les résultats du scrutin ;
Considérant qu'il résulte de ce qui précède que M. S. est fondé à soutenir que c'est à tort que, par le jugement attaqué, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa protestation contre les opérations électorales qui se sont déroulées les 9 et 16 mars 2008 en vue de la désignation des conseillers municipaux de la commune d’Aix-en-Provence ; qu’il n’y a, en revanche, pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions qu’il a présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ; que ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu’il soit fait droit aux conclusions présentées par Mme J. au même titre ;
Considérant que Mme J. a expressément retiré l’un des deux passages de ses écritures dont M. S. demandait la suppression ; que les conclusions présentées par ce dernier au titre des dispositions de l’article L. 741-2 du code de justice administrative, qui renvoient aux dispositions de la loi du 29 juillet 1881 relatives aux écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires, sont donc devenues sans objet en tant qu'elles concernent ce passage ; qu’en outre, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. S. au titre du même article en tant qu'elles concernent l'autre passage des écritures de Mme J. dont il demande la suppression, celui-ci ne présentant pas de caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire ;
D E C I D E :
Article 1er : Le jugement du tribunal administratif de Marseille du 25 septembre 2008 est annulé.
Article 2 : Les opérations électorales qui se sont déroulées les 9 et 16 mars 2008 en vue de la désignation des conseillers municipaux de la commune d’Aix-en-Provence sont annulées.
Article 3 : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions présentées par M. S. au titre de l’article L. 741-2 du code de justice administrative en tant qu’elles concernent le passage des écritures de Mme J. que celle-ci a retiré.
Article 4 : Le surplus des conclusions de M. S. et les conclusions de Mme J. présentées au titre de l’article L. 761-1 du code administrative sont rejetés.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. Stéphane S., à M. Alexandre M., à Mme Maryse J. et à M. François Xavier P. et à la ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales.
Article
le 8 juin 2009
Les municipales d'Aix annulées pour propos "injurieux et diffamatoires"
Les_municipales_Aix_en_Provence
mercredi 13 mai 2009
Laïcité de l’enseignement: le point de vue de Jean Baubérot

12 mai 2009
"C’est un des fondements de la laïcité de l’enseignement qui est mis en cause", le point de vue de Jean Baubérot
Le
sociologue des religions Jean Baubérot, auteur de La Laïcité expliquée à
M. Sarkozy (Albin Michel, 2008), estime que l’heure est grave. Avec
l’accord passé entre la France et le Vatican sur les diplômes, "c’est
un des fondements de la laïcité de l’enseignement qui est mis en cause, car
celle-ci repose sur la collation des grades par les universités publiques".
Jusqu’alors, on s’en tenait "à des collaborations ponctuelles au cas par cas avec des professeurs de facultés privées, sur des critères strictement académiques". Alors que cette pratique autonomisait les professeurs des "cathos" par rapport à leur hiérarchie, M. Baubérot juge qu’"on donne une possibilité de pression du Saint-Siège sur les instituts catholiques". Le Vatican "a refusé, par le passé, de nommer des professeurs dont les idées ne lui plaisaient pas. Qu’adviendra-t-il des formations médicales ou de bioéthique et de celles qui développent une approche scientifique des religions ?", se demande ce défenseur d’une laïcité tolérante. A ses yeux, le texte ouvre un autre problème : "Soit on crée une nouvelle inégalité au profit du catholicisme, soit on étend la mesure aux autres religions et, par exemple, on reconnaît les diplômes délivrés par l’université coranique d’Al-Azhar au Caire", craint-il.
Ce professeur émérite à l’Ecole pratique des hautes études estime que les politiques abordent le sujet de la religion avec un regard biaisé : "Les gouvernants privilégient les institutions. Ils n’ont toujours pas compris que les pratiques religieuses se sont individualisées et que les catholiques français entretiennent un rapport de liberté avec leur Eglise." Selon lui, c’est la difficulté, pour le politique, de construire un projet d’avenir qui "entraîne un repli identitaire réofficialisant de façon rampante des "racines chrétiennes"". Cela s’est accentué avec Nicolas Sarkozy, mais avait débuté avec Lionel Jospin, qui a institué, en 2002, un "dialogue institutionnel" avec le catholicisme.
Maryline Baumard et Christian Bonrepaux![]()
samedi 2 mai 2009
La pétition Utopia :Réduction des écarts de rémunération
Pour des rémunérations individuelles comprises dans une fourchette de 1 à 10 fois le SMIC.
En 1974, la rémunération moyenne des dix patrons américains les mieux payés était 47 fois plus élevés que le salaire moyen d’un ouvrier de l’industrie de l’automobile …
En 1999, il était égal à 20381 fois le salaire moyen.
Selon le Financial Times, Les patrons des grandes banques internationales auraient touché ces trois dernières années environ 95 milliards de dollars de rémunération alors que les pertes causées par leurs erreurs sont évaluées à plus de 10000 milliards de dollars par le FMI.
En France, les dirigeants des entreprises du CAC 40 gagnent en moyenne 4.4 millions d’euros par an, soit pour chacun d’entre eux, environ deux siècles de salaire médian... soit 250 fois le SMIC!
Ces fortunes profitent à une oligarchie de surconsommateurs instaurée en modèle par les médias et la publicité. Ce système, construit pour défendre l’illusion d’une croissance infinie et équitable, s’est édifié au détriment des plus faibles et des plus démunis, premières victimes aujourd’hui de la précarité et demain des bouleversements climatiques.
Ces rémunérations disproportionnées et sans lien réel avec la performance de l’entreprise sont socialement injustes, économiquement inefficaces, humainement inadmissibles et écologiquement destructrices !
En signant cette pétition, nous exigeons que l'ensemble des rémunérations individuelles (salaires, primes, dividendes, indemnités,...) soient comprises dans une fourchette de 1 à 10 fois le SMIC!
lundi 27 avril 2009
L’oxymore du développement durable
Développement durable, un «oxymore paralysant»
Libération.com, 04/04/2009
Bertrand Méheust. «Le développement durable est un oxymore. Si on prend ce terme au pied de la lettre, il contient sa contradiction. Le développement est pensé comme infini alors que nous vivons dans un monde fini. Bien entendu, ses théoriciens le comprennent de manière plus souple, comme une manière de continuer la croissance des flux immatériels tout en limitant notre pression matérielle sur la nature. Mais même sous cette forme sophistiquée, je doute qu’il soit réellement praticable sur une longue durée, car rien ne me paraît pouvoir stopper totalement la tendance à l’emballement qui caractérise le monde moderne.
«On aura une prédation de la nature moins forte, mais étendue à toute la planète, et garantie par son ajustement rationnel, et on perdra d’un côté ce que l’on a gagné de l’autre. Par exemple, la diminution de la consommation des appareils électriques va provoquer (provoque déjà) leur multiplication, et donc une augmentation de la consommation globale d’électricité.
«A mes yeux, le développement durable, fausse bonne idée ou "dernier chemin praticable", compte tenu de la crise écologique, est surtout le moyen pour le marché de persévérer dans son être, en dégageant de nouveaux profits. On donne l’illusion qu’on combat le mal à la racine, on affuble absolument tout du mot durable - j’ai par exemple un Livret de développement durable au Crédit agricole ! -, alors que le système ne fait que surfer sur la vague de l’écologie. Et si on affuble tout du mot durable, c’est que l’on sait bien "quelque part" que notre système ne peut pas durer. C’est une façon de résoudre dans l’imaginaire ce qui ne peut l’être dans le réel.
«Le slogan du développement durable peut devenir un outil de propagande. Il sert à maintenir les esprits captifs de l’illusion que la société peut continuer dans la voie dans laquelle elle est engagée, avec seulement des retouches, même importantes. C’est l’illusion de "la croissance verte" (un bel oxymore, là encore !), l’illusion que nous allons pouvoir continuer à exercer notre pression de confort sur la nature, avec des modifications, et que cela sera viable. Or, selon moi, c’est structurellement que ce système n’est pas viable, notamment parce qu’il est fondé sur la négation du long terme.
«D’ailleurs, ce qui a déclenché l’écriture de mon livre la Politique de l’oxymore, c’est le profond malaise dans lequel m’a plongé le Grenelle de l’Environnement en 2007. On ne peut pas dire que rien n’a été fait dans ces groupes de travail, mais la plupart des mesures décidées durant le Grenelle ont été en partie vidées de leur sens depuis ou rognées. Et le but profond était surtout, me semble-t-il, de graver dans l’esprit du public que l’écologie est compatible avec la croissance, mieux : qu’elle réclame la croissance.
«Maintenant, bien sûr, nous devons prendre au mot ceux qui ont lancé ce projet, en disant toujours, par principe : oui, mais cela ne suffit pas, ce n’est qu’un petit début.
«En tant qu’historien de la psychologie, j’ai été très frappé durant ce Grenelle de l’environnement par l’analogie entre la manière dont la médecine positiviste, au XIXe siècle, a récupéré le mesmérisme et la façon dont le "système", le marché, s’emploie aujourd’hui à récupérer l’écologie.
«Le mesmérisme, ce sont ces pratiques psychothérapeutiques nouvelles qui ont déstabilisé la psychologie au XIXe siècle, en permettant parfois la production de phénomènes psychiques inconnus comme la clairvoyance. En 1842, l’Académie de médecine a fini par les interdire totalement. Mais elles ont continué de se répandre dans la société, au point que l’institution était obligée de réagir.
«En 1878, le neurologue Jean-Martin Charcot a couvert de son immense autorité leur récupération, mais seulement sous la forme la plus acceptable, c’est-à-dire l’hypnotisme, en abandonnant toute la partie "sulfureuse", comme la lucidité magnétique par exemple. L’ancien magnétisme animal a été recalibré pour être consommable par le positivisme fin de siècle.
«Eh bien avec le Grenelle de l’environnement, ce qui est en train de se produire, c’est une récupération des prévisions très pessimistes des écologistes sur le réchauffement climatique ou la perte de la biodiversité… mais sous une forme recalibrée pour être compatible avec le mode de vie de notre société.»
(1) Editions La Découverte, mars 2009.
jeudi 9 avril 2009
"Délinquants solidaires" réunis à Aix-en-Provence
Plusieurs centaines de personnes hier soir à Aix, sur les marches du Palais de Justice, ont manifesté pour le respect des droits fondamentaux du droit à la dignité.
Contrairement aux propos tenus par le ministre Eric Besson, les interpellations de personnes portant assistance aux sans-papiers, n'est pas un "mythe", mais une bien triste réalité !
lundi 6 avril 2009
RASSEMBLEMENT MERCREDI 8 AVRIL
TOUS AU RASSEMBLEMENT MERCREDI 8 AVRIL
A 18H PALAIS DE JUSTICE
AIX-EN-PROVENCE
Objectif chiffré de reconduites à la frontière pour 2010 : 28 000
Objectif chiffré d’interpellations d’aidants pour 2010 : 5 500
(source : Loi de finances 2009)
Si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !
Associations partenaires pays d’Aix
Emmaüs Cabriès / RESF13 / Cimade - Aix / ASTI Aix-Marseille / Secours Catholique Aix /
LDH Aix en Provence / Aix Solidarité / ATTAC Aix / CADTM-Aix / RUSF-Aix
Signez l’appel national
www.delinquants-solidaires.org
vendredi 3 avril 2009
"Un G 20 pour presque rien"
Communiqué du 3 avril 2009
Pour les organisations réunies dans le collectif «Nous ne paierons pas pour leurs crises», le G 20, comme redouté, n'apporte aucune réponse à la crise globale qui frappe l'ensemble de la planète. La réunion du G20 de Londres ce jeudi 2 avril a accouché, comme nous le redoutions, de conclusions symboliques qui vont à l’encontre de la nouvelle dynamique globale souhaitée par les opinions publiques du monde entier.
De manière évidente les chefs d'Etats et de gouvernements des 20 pays considérés comme les plus puissants ont choisi, à travers leur déclaration finale, de relégitimer un système pourtant en crise structurelle et de renforcer le rôle de ses institutions les plus contestées.
FMI, Banque Mondiale, OMC et Forum de stabilité financière : à travers ses 1 100 milliards, le G20 a choisi de structurer sa réponse à la crise autour de 4 institutions dont les politiques sont de longues dates dénoncées par la société civile pour leur impact négatif sur le développement et l’accès aux droits des populations du monde entier.
En accordant au FMI et à la Banque mondiale la responsabilité d'assurer les opérations de crédit aux pays violemment frappés par la crise (allant jusqu’à décider une augmentation de 750 milliards de dollars des ressources du FMI), le G20 remet en selle deux institutions largement discréditées par les échecs de leurs politiques, et qui, il y a encore moins d'un an, concentraient les critiques de toute la communauté internationale. Cette réhabilitation s'opère sans engagements satisfaisants quant à leur réforme interne ou au changement de cap de leur politique, ni leur intégration dans le cadre institutionnel et légal du système des Nations Unies.
Le commerce international est présenté comme la première source de création de richesses et de relance économique, en dépit des impasses évidentes auxquelles a conduit la libéralisation des échanges et la globalisation effrénée des marchés. La responsabilité des accords de libre-échange dans la dérégulation financière et la multiplication des produits et des pratiques spéculatives à risque n'est nullement remise en cause.
Le G20 n'offre aucun engagement précis quant à mettre fin à la dictature des marchés financiers, via des instruments de contrôle public et de régulation drastiques. Les banques et établissements financiers devront être sauvés par tous les moyens, au prix du financement public, sans aucune contrepartie garantie aux populations (crédit, services bancaires...) et sans même que leur nationalisation n'ait été suggérée. Aucune mesure d'interdiction de la spéculation sur les matières premières n'est par exemple envisagée.
La mise en liste noire des territoires non-coopératifs sur le plan bancaire et fiscal ne répond pas aux exigences citoyennes, qui souhaitaient voir bannie, au moins de la part des pays du G20 et de leurs grandes entreprises, toute forme de domiciliation ou de transit de leurs actifs via des paradis fiscaux.
Les mots d'ordre généraux sur le besoin d'une surveillance accrue et de meilleures régulations des agences de notation, des institutions bancaires et des acteurs financiers resteront à coup sûr lettre morte. On se souvient qu'à l'issue de la crise asiatique à la fin des années 90, des mesures de protection inédites de leur marché interne avaient été introduites dans de nombreux pays ouverts à la libéralisation financière ; par la suite, celles-ci ont été allègrement démantelées sous la pression des Etats européens et des Etats-Unis, notamment dans le cadre de négociations commerciales régionales et bilatérales.
Enfin les engagements relatifs à la lutte contre les inégalités sociales, la création d'emplois et la protection durable des écosystèmes ne sont assortis d'aucun moyen spécifique. Ils font l'objet de paragraphes aussi généraux que marginaux : ni nouveaux instruments de redistribution, ni investissements massifs dans une économie verte et créatrice d'emplois décents et justement rémunérés.
Le G 20 n’apporte aucune proposition pour créer de nouveaux instruments au service d’une autre mondialisation écologique et solidaire, tels que les taxes globales écologiques et sur les transactions financières. Le G 20 est muet sur la reconnaissance et la promotion de biens publics mondiaux tels que la santé, l’eau, l’éducation et le savoir, indispensables pour reconstruire la mondialisation sur de nouvelles bases.
Tous, organisations de solidarité internationale, syndicats, associations de protection de l'environnement ou de défense des droits, nous savons que les mêmes politiques conduites par les mêmes acteurs conduiront aux mêmes effets : des inégalités croissantes et la précarisation des « non-riches », la ponction systématique des ressources naturelles et la dégradation des équilibres écologiques, la dégradation des solidarités et des protections sociales et la concentration des pouvoirs économiques aux mains d'une poignée de multinationales exclusivement soucieuses de protéger les intérêts de leurs élites.
Le monde de solidarité, de paix et de justice sociale voulu par notre collectif, rassemblé sous la bannière « Nous ne paierons pas leurs crises », n'a pas été esquissé à Londres en ce 2 avril 2009.
L'opération cosmétique londonienne tente au contraire de redonner un peu de lustre à un système fondamentalement injuste et durablement discrédité.
Nos organisations resteront mobilisées pour informer les citoyens, faire entendre nos analyses et nos propositions et rejoindre les mouvements globaux de résistance et de solidarité qui se déploieront en France, en Europe et au plan mondial.
Associations et syndicats signataires de l’appel
Agir ensemble contre le chômage - AC!, Aitec/Ipam, AlterEkolo, Les Amis de la Terre France, Association pour l'emploi, l'information et la solidarité - APEIS, Attac France, CCIPPP, Cedetim, Confédération générale des SCOP – CGSCOP, Confédération paysanne, CGT Finances, Convergence pour les services publics, Centre de recherche et d'information pour le développement - CRID, Droit au Logement - DAL, Fédération Artisans du Monde, Fondation Copernic, France Amérique Latine, Fédération syndicale unitaire - FSU, Habitat international coalition - HIC, Marches européennes, Mémoire des luttes, Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples - MRAP, No Vox, Peuples Solidaires, Réseau féministe Ruptures, Survie Paris, Syndicat national de l'enseignement supérieur - SNESUP, Syndicat nationale unifié des impôts – SNUI, SUD PTT, Terre des Hommes France, Union syndicale Solidaires
Organisations politiques en soutien Les Alternatifs, La Fédération, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Les Verts, Parti Communiste Français, PCOF
mardi 31 mars 2009
Appel : 8 avril 2009
"Aujourd’hui, en France, il est devenu criminel d’accueillir, d’accompagner, ou seulement d’aider une personne en situation irrégulière…..
Nous sommes tous concernés.
Alors si la solidarité devient un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit !"![]()
Delinquants_solidaires___ASS___Appel___2009_04_08
Pour en savoir plus : http://www.delinquants-solidaires.org/







