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La Passion en Marche

lundi 26 octobre 2009

Un an après le début de la crise...

Un an après le début de la crise, le comité Nobel fait un choix iconoclaste
En effet, le prix Nobel d'économie a été attribué, lundi 12 octobre, aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom.
Ce choix est iconoclaste à plus d’un titre, et nous nous en réjouissons !
D’abord, et pour la première fois dans l’histoire du prix Nobel d’Economie (créé en 1968), le jury a récompensé une femme, Elinor Ostrom,  76 ans, professeur à l'université de Bloomington (Indiana)
Ensuite, les deux lauréats, Elinor Ostrom, et Oliver Williamson sont récompensés pour leurs travaux pluridisciplinaires qui remettent en question le dogme du tout-marché et se penchent sur les mécanismes des décisions économiques hors des marchés.
Mais oui, vous avez bien lu (et je vous promets que le Mouvement Utopia n’est pour rien dans le choix de leurs sujets d’études !!!).

Il faut dire que les recherches de ces deux économistes sont particulièrement dans l'air du temps, en plein débat sur la meilleure organisation des marchés financiers et de l'économie mondiale, mais aussi sur la protection de l'environnement et des ressources naturelles, un domaine essentiel d'étude d'Elinor Ostrom.
Bien qu'elle se considère comme une chercheuse en économie politique, la formation et la carrière d’Elinor Ostrom ont été menées dans le cadre des sciences politiques. Au cœur de ses thèses, l'idée que les marchés, ou l'Etat régulateur, ne constituent pas l'unique alternative à l'activité économique. Selon elle, les associations de consommateurs et d'usagers sont souvent mieux armées pour gérer les biens communs.
En privilégiant l'étude des relations contractuelles plutôt que les « lois du marché » et en montrant un « goût prononcé » pour la remise en question des dogmes économiques, Ostrom et Williamson dégagent aussi des perspectives à l'opposé des thèses qui ont dominé la pensée économique occidentale depuis trois décennies. En ce sens, leur nomination pourrait accréditer l'idée d'un « tournant » politique du comité Nobel. N’a-t-on pas entendu l'un des membres du jury, Per Krusell, déclarer : « Il y a eu un immense débat sur la manière dont les grandes banques, les banques d'affaires, ont mal agi, avec des patrons qui ont abusé de leur pouvoir et abusé la confiance de leurs actionnaires ; tout cela va dans le sens des théories de Williamson (Si même le jury Nobel s’y met !!!)
Souvenons-nous que dès 1998, l'Académie avait couronné l'Indien Amartya Sen, un économiste éminemment critique du fonctionnement des marchés. Et depuis, les « critiques » sont revenus en force parmi les récipiendaires, du Canadien Robert Mundell en 2000 et des Américains George Akerlof, Michael Spence et Joseph Stiglitz en 2001, jusqu'au précédent lauréat, l'Américain Paul Krugman.
Si même les grands économistes se mettent à critiquer le modèle économique libéral, les sacro-saintes lois du marché, et l’aliénation au dogme de la croissance, où va-t-on ?

Mais vers l’Utopie d’une société plus juste et plus fraternelle mon cher !

Posté par henry lombard à 13:42 - POLITIQUE GENERALE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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